Appart’City : François Sabatino annonce une sortie de crise en cours

Spécialisée dans la résidence de tourisme, la société Appart’city vient de nommer François Sabatino à la tête de son directoire. Un nouveau changement qui n’a pas manqué de susciter des débats car rappelons-le, le groupe a été confronté à d’énormes difficultés pendant plusieurs années et que jusque-là les mesures prises n’ont pas porté leur fruit. On se demande alors si cette décision apportera un nouvel air à l’organisation et qu’on peut enfin compter sur le savoir-faire du nouveau Président pour redresser le cap.

Nommé au tout début de l’année en tant que Directeur du groupe Montpellérian Appart’City, le sétois François Sabatino vient à nouveau d’être promu au poste de Président. Il remplace donc Thierry Rochet à la fonction, celui-ci n’étant nommé que depuis février dernier.

Cette initiative s’inspire de la volonté du fondateur Patrice Cavalier et de ses actionnaires à redonner un attrait enchanteur à la structure qui depuis toujours était en première estimation dans son secteur. Ce sera également une occasion de créer une nouvelle dimension tactique par la promotion de la marque dans toute l’Europe. Un défi de taille auquel on espère que l’expert en management d’entreprises saura faire face.

Toutefois, il ne faut pas faire fi des turbulences qui ont secoué le groupe durant ces quelques années. Pour mémoire, Appart-city fut longtemps accablée par une crise économique et structurelle (due à la fusion avec Park & Suites) subsistante. D’après certaines rumeurs, la situation peine encore à rentrer dans l’ordre pour le n°1 de la location meublée dédiée aux touristes d’affaires. Mais la réalité en dit le contraire. Il est donc temps de lever les doutes par rapport aux critiques non fondées. Et c’est à l’issue d’une interview accordée au nouveau titulaire qu’on livre quelques éléments de réponse sur la situation réelle de l’organisation et la stratégie qu’elle entend mettre en place. On en a aussi profité pour faire connaissance avec le Président. Voici donc les 7 points essentiels de cet entretien :

De Proméo à Appart’City, le parcours acquis et les points de ressemblance.

En débutant en tant qu’entrepreneur dans le secteur de la distribution, François Sabatino a intégré les années suivantes Kawan Group devenu Proméo, opérateur privilégié dans l’hôtellerie de plein-air. Il a tenu initialement le poste de Directeur Général avant d’être nommé plus tard à la tête de la Direction du pôle Opérations de la filiale « Groupe Vacalians ». Durant son exercice au sein du Groupe (de 2004 à 2017), c’est la même stratégie d’orientation marketing qui est avancée, celle notamment de placer la culture client au centre des préoccupations. Un constat qu’il a d’ailleurs renforcé dès la création de la marque Tohapi.

Depuis son accès à l’aventure Appart’city et au poste de Président du Groupe à mi-novembre 2017, il calque le même principe dans sa politique actuelle où l’offre serait plutôt positionnée sur une clientèle d’affaires (80% du chiffre d’affaires d’Appart’city). Après tout, parce qu’entre tourisme d’affaires et de loisirs, les attentes des consommateurs et la relation clients doivent être traitées sur le même pied d’égalité. Et que même par rapport à d’éventuelles mutations, les deux secteurs doivent être pris sous le même angle quant à l’offre touristique présentée à chaque catégorie de clientèle. C’est aussi un challenge entrepreneurial et de la gestion humaine a-t-il affirmé.

A propos de Thierry Rochet et sa déclaration en juin dernier concernant les prévisions de gains en 2017

Thierry Rochet n’a occupé son poste de Président que pendant quelques temps. Ceci étant parce que la fusion entre Appart’city et Park & Suites a suscité d’énormes bouleversements aussi bien sur le point de vue structurel que relationnel au sein du groupe. Son rôle était donc d’assainir la situation. Dans un autre sens, cette transition correspond à une meilleure préparation du terrain, à une prise d’élan pour passer aux choses plus importantes. Ce pourquoi il est là aujourd’hui. Son passage de directeur général à président a aussi eu comme conséquence la suppression de cette fonction, raccourcissant ainsi l’écart organique entre le conseil de surveillance, le directoire et les actionnaires.

Quant à la déclaration qu’il a faite 6 mois plus tôt au sujet des gains en 2017, Thierry Rochet rapporte que le chiffre d’affaires réalisé au cours du précédent exercice (clos au 30 septembre 2017) est situé au même niveau que celui de 2016 (173 millions d’euros). Mais dans l’hypothèse où ce chiffre représente le résultat annuel au même moment où quatre résidences ont été extirpées du patrimoine locatif, il représentera au final une hausse de 2,8% donc en progression par rapport à l’année précédente. A lui de rajouter que la stabilité et l’essor du tourisme d’affaires garantissent la force du groupe, et ce malgré la crise qui a pesé. Le bilan généré ne se retrouverait pas à ce niveau sinon.

Projection d’investissements sur les 4 ans à venir

Un communiqué publié il y a quelques mois a annoncé la mise en route d’un financement à hauteur de 30 millions d’euros pour un plan de remise à niveau des établissements les plus anciens. Ce déblocage correspond à un apport départagé entre les actionnaires et les copropriétaires sur les 4 prochaines années. A l’heure actuelle, les prévisions demeurent inchangées.

François Sabatino soutient qu’avec la recapitalisation de 42 millions d’euros finalisée en juin dernier (dont 22 millions d’euros de conversion en obligations et 20 millions d’euros d’augmentation en capital), différents projets sont en vue. Outre la rénovation des 147 appartements de la résidence Appart’city Saint-Roch à Montpellier qui est prévue débuter en avril 2018, les travaux porteront sur l’ensemble des établissements anciens. Par ailleurs, avec ses fonds propres plus un montant de 15 millions d’euros réinvestis par ses actionnaires, le leader des appart’hôtels promet une réhabilitation intégrale de son parc et ses services : modernisation, rééquipement, digitalisation, régularisation de la situation financière du groupe, conquête européenne. Tous ces programmes figurent dans le plan de redressement, d’innovation et de croissance envisagé par le groupe pour regagner sa place en tant qu’acteur prestigieux sur le marché du secteur, mais aussi pour apaiser la tension qui règne auprès des copropriétaires.

Bilan du patrimoine actuel et nouvelles acquisitions en perspective

A ce jour, le groupe compte :

113 résidences dont 95% sont localisées en cœur de ville et représentent une part de 24% de ce marché

12 400 appartements et 10 000 propriétaires.

Dans le cadre du développement de son activité, Appart-city travaille sur de nouveaux projets de construction et de reprise. Le président a annoncé pour l’occasion la réouverture des résidences de Mandelieu et de Marseille qui ont subi d’importants dommages dus aux inondations et à un incendie. Il a également signalé l’ouverture de nouvelles unités à Bordeaux et Nîmes.

Pour les projets de moyen terme, les investissements hors de la France vont se multiplier. L’ouverture en octobre 2018 d’une résidence 3 étoiles avec 80 chambres à Bruxelles se trouvera en premier rang dans le planning d’acquisitions. Entre janvier et mars 2019, ce sera une résidence sur l’aéroport de Genève qui fera son ouverture. L’Europe constituera donc un terrain de jeu favorable pour les investisseurs en location meublée non professionnelle d’ici quelques mois, tout en gardant néanmoins en tête que les métropoles françaises demeurent prioritairement au centre des activités du groupe.

L’impact de la suppression de la loi Censi-Bouvard sur le modèle Appart-city

Maintenant que l’échéance de la loi Censi-Bouvard approche à grand pas, cela risque de mettre à mal les intérêts des propriétaires d’unités louées sous le statut de LMNP. Heureusement, Appart’city a anticipé les impacts possibles en traitant avec des foncières investissant dans les résidences de tourismes et concentrant leur politique et stratégie de manière pertinente dans le développement à long terme, sur des actifs à forte valeur ajoutée et aves des exigences raisonnables.

Retour sur les renégociations de baux commerciaux et les loyers impayés

Depuis trois ans, la situation financière du groupe montpelliérain a suscité de nombreuses polémiques qui altèrent au plus haut point son image. Les problèmes principaux résident essentiellement dans la renégociation de baux commerciaux incluant la baisse de loyers et les loyers impayés.

Dans le cas présent, on assiste à une évolution plus ou moins positive de la situation entre autres la signature des propositions de nouveaux baux émis à l’endroit des propriétaires. 80% de ces baux sont aujourd’hui renégociés moyennant une baisse de loyers entre 5 à 35%.

Du côté des loyers, le groupe a promis le règlement des impayés aux copropriétaires de résidences. Il reste à ce jour quelques millions à régulariser mais le règlement doit être procédé de manière raisonnable en priorisant les loyers en cours puis les arriérés au fur et à mesure. Concernant les baux renégociés, la situation est totalement régularisée.

Appart’city tient à être totalement clean à l’égard des copropriétaires en leur donnant accès à toutes les informations utiles et quant à l’évolution de la situation. Un comité de suivi mis en place par le mutuel de copropriétaires se chargera de contrôler le respect des engagements et le fonctionnement général de la structure.

Des unités de plus en en plus rentables

La rentabilisation du parc immobilier est étayée par la feuille de route élaborée conjointement avec les propriétaires et les efforts engagés pour sa mise en application. Néanmoins, les résidences non-rentables existent toujours. Mais le président du groupe s’exprime on ne peut plus clair sur l’éventualité de supprimer les pistes qui lèsent la rentabilité de ses unités tout en s’efforçant de préserver la composition actuelle du parc.

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